Fontainebleau – 2

Fontainebleau-FrancePendant des siècles, les rois de France séjournèrent successivement à Fontainebleau et chacun, selon ses goûts, selon l’art de l’époque, ajouta quelque chose à la bâtisse primitive. Dans la construction de ce palais, le grès et la brique, employés comme matériaux, marient leurs couleurs variées4, et les styles différents se juxtaposent sans nuire à l’ensemble qui garde un aspect imposant.
Nommer les illustres personnages qui habitèrent ce château royal, citer les événements dont il fut le théâtre, serait raconter l’histoire de la France, dès le règne de Saint Louis jusqu’à la fin de l’Empire. Naissances et baptêmes, fiançailles et mariages, morts naturelles ou violentes se succédèrent pendant des siècles en cette princière demeure. Ses murs furent témoins des plus grandes joies et des plus grandes douleurs, depuis l’oraison du premier ermite, jusqu’au jour tragique, où Napoléon I signa son abdication, si bien qu’on a pu dire que l’histoire du palais « commencée par une prière, s’est terminée par un sanglot ».
La dernière scène qui eut Fontainebleau pour théâtre se déroula dans la cour du Fer à cheval, connue depuis lors sous le nom de « Cour des Adieux ». Le 20 avril 1814 Napoléon, au moment de partir pour l’ile d’Elbe, voulut adresser à sa garde invincible, à ses vieux soldats héroïques, rangés dans la cour du palais, quelques paroles d’adieu :
« Soldats, leur dit-il, vous, mes vieux compagnons d’armes, que j’ai toujours trouvés sur le chemin de l’honneur, il faut enfin nous quitter. J’aurais pu résister plus longtemps au milieu de vous, mais il aurait fallu prolonger une lutte cruelle, ajouter peut-être la guerre civile à la guerre étrangère et je n’ai pu me résoudre à déchirer plus longtemps le sein de la France. Jouissez du repos que vous avez si justement acquis et soyez heureux. Quant à moi, ne me plaignez pas. Il me reste une mission, et c’est pour la remplir que je consens à vivre, c’est de raconter à la postérité les grandes choses que nous avons faites ensemble. Je voudrais vous serrer tous dans mes bras, mais laissez-moi embrasser ce drapeau qui vous représente . . . »
Profondément ému, Napoléon pressa sur sa poitrine le drapeau de la vieille garde, au milieu des cris et des larmes des assistants, et se jetant au fond de sa voiture, il quitta ce château qui, depuis lors, n’est plus qu’un temple du souvenir.

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