La vallée de l’eure

La vallée de l'eure Pour la plupart des Français, la Côte d’Azur c’est une bande étroite de Marseille à Menton et la Normandie les plages du pays de Caux, du Calvados et de la Manche. Pour la Côte d’Azur, c’est vrai. Mais la Normandie c’est aussi autre chose.

Les plages normandes étant uniques au monde, un seul ennui : le soleil les boude souvent.

Bagnoles, perle de la Suisse Normande, Caen et des dizaines d’autres villes, avec leurs monuments, leurs musées, leurs cathédrales, sont inoubliables ! Mais il existe encore mille endroits magnifiques. A 120 kilomètres de Paris, le coin le plus beau c’est la vallée de l’Eure. C’est une féerique vallée, un enchantement pour les yeux. On est incapable en quelques lignes de décrire l’endroit.

Quand on traverse la Seine à Pont-de-1’Arche, et prend la route de Pont-Saint-Pierre où, sur la rive gauche de l’Andelle, on arrive à la côte des Deux-Amants. Du haut des 138 mètres de ce promontoire, on découvre, sur les vallées de l’Andelle, de la Seine et de l’Eure, un panorama extraordinaire. Devant cet étonnant don de la nature on a peine à imaginer le drame que raconte la légende.

Rulphe, baron de Saint-Pierre avait une fille, Calixte, aussi belle et bonne que le père était rustre et dur. Le meilleur compagnon de la douce Calixte était son écuyer servant, qui n’avait point de noblesse. Un jour, au cours d’une chasse au sanglier, le jeune serf, auquel le courage ne faisait point défaut, sauva au mépris de sa vie, la belle Calixte menacée par le fauve. Le baron, voulant le recompenser, lui demanda comment : ,,Je souhaite avoir votre fille pour femme . . . « , répondit le jeune homme. „Oublies-tu, vilain, ta naissance? » rétorque brutalement le baron. ,,Votre mépris ne m’atteint point, dit le garçon. Il n’est de noblesse que de cœur … » Calixte, elle-même, insista: „Père, je n’aurai que lui pour époux! ».

Avant que de céder, le baron comme suprême épreuve, ordonna au jeune homme de prendre la belle sur ses épaules et de grimper la côte entre Andelle et Seine. Mais, arrivé au faîte, épuisé par tant d’effort, le vaillant écuyer expira. Calixte, ne voulant point lui survivre, le pris dans ses bras, et avec lui, se jeta dans le vide, du haut de la côte, qu’on appelé depuis côte des Deux-Amants . . . alité de deux heures. L’après midi, chacun doit, de façon également impérative, marcher pendant une heure. Vers 17 h. tout le monde se retrouve aux terrasses des cafés. Peu de noctambules : la nuit tombée, les rues sont rapidement vidées.

Une charmante curiste complaisamment m’a raconté sa vie à Bagnoles : ,,En dehors des soins annuels que nécessite mon état, je trouve ici une tranquillité extraordinaire comme nulle part ailleurs … Je suis bien heureuse, a ajouté encore ,,ma » curiste, car j’ai retrouvé ma baigneuse de l’an dernier. »

Cette dame m’a expliqué que la chose la plus importante à l’arrivée était l’attribution d’une ,,baigneuse ». Ce n’est ni une curiste, ni une estivante que l’on désigne par ce joli vocable mais la personne qui est chargée d’aider chaque patient à prendre son bain et, plus généralement, à suivre son traitement. Ce sont les personnages les plus importants, en fait, de la station. Mon interlocutrice avait éveillé ma curiosité. Il était indispensable que je rencontre l’une d’entre ces , »baigneuses » pour connaître tous les potins secrets de Bagnoles. Hélas! Malgré mes efforts, cela fut tout simplement impossible. Car ces ,,baigneuses » qui ne sont pas des sirènes, ne crient pas sur les toits.

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