Groix

GroixLes îles au bord de l’Atlantique ressemblent à des enfants sur le chemin de l’école. Frères et sœurs s’en vont ensemble, en se tenant par la main.
Oléron et Ré étaient jumelles et veillaient sur Aix, la petite voisine.
Voici, près de Vannes, la famille nombreuse des îles du Morbihan: quelqu’un les a comptées: elles sont 365 . . .
Tout près de Belle-Ile vient Groix. Bien de la même famille, ces deux là, revêches à l’océan et tout épineuses de pointes de rochers sur lesquelles s’aiguise le flot. C’est Belle et Cendrillon. Grois est la cadette, la mal venue, et c’est ainsi sans doute qu’elle fut appelée l’île de la sorcière. Mais qu’on lui donne le carrosse doré du tourisme, elle sera la plus aimée.
Un bateau vert tendre — l’Ile de Groix — jette ses passagers sans trop de ménagements sur le môle de pierre de Port-Tudy où personne ne les attend. Ni tambours, ni trompettes. Se débrouille qui peut. Quelques taxis sont là, mais si vous ne les hélez point, ils s’en iront sans vous faire l’offre d’une exploration.
Il faut aller dénicher l’aimable pharmacien du bourg parmi ses pilules et ses potions, pour obtenir un dépliant touristique complet, mais succinct : le syndicat d’initiative, c’est lui …
Pourtant, Groix a tout pour tenter et retenir. On y peut même choisir la couleur du sable qui s’accordera à celle du maillot. Sable blanc sur la plage des Grands-Sables que domine la colonie de vacances de Colombes, sable grenat à Norteven au sud de la vaste plage de Pen-er-Vro. L’eau, émeraude, est d’une transparence et d’une tiédeur toute méditerranéenne.
Belle-Ile avait sa « grotte de l’Apothicairerie » . . . Groix a son « trou de l’Enfer », où la mer tonne. « Un trou dans le roc, profond d’au moins 200 mètres, et qui s’enfonce sous le village de Kercal », assure un chauffeur de taxis. « Un jour j’ai voulu l’explorer à la lueur d’une bougie. Un courant d’air a soufflé la bougie. Je suis remonté en toute hâte … ».
Les Groisillons, ou les Grésillons, si l’on préfère, à Asnières — n’ont jamais eu qu’un grand homme – – poète, c’est tout dire : J. -P. Calloc’h, le barde Bleimor. Cinquante ans après sa mort, à 29 ans, sur le champ de bataille en 1917, on le vénère encore: il a sa statue, sa maison est entretenue et visitée, et on chante ses poèmes . . ., Ô mon île perdue là-bas au milieu de la mer »

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