Belle-Ile

Belle-Ile« Il était une fois . . .  » Ces mots magiques, qui allument des étoiles dans les yeux émerveillés des enfants, viennent d’eux-mêmes sous la plume pour vous conter Belle-Ile . . . Les fées ayant dû, un jour, fuir l’Armorique où elles régnaient depuis longtemps leur chagrin fut si profond que leurs larmes, roulant de roc en roc formèrent la Petite-Mer, le Morbihan. Elles y jetèrent leurs couronnes de fleurs qui dérivèrent et se changèrent en îles. La plus belle, celle de la reine des fées, vogua longtemps avant de s’arrêter. Ainsi naquit Belle-Ile.
Les Bellilois ne troqueraient leur pays pour rien au monde. Et, pourtant, que la terre y est rude et ingrate!
Les dents de roc du fjord de Goulphor déchirent la mer qui hurle et gémit. Elle explose. Le temps d’une flambée de diamants. Et ses griffes blanches s’exaspèrent sur les défenses de pierre. C’est un combat de deux monstres qui se poursuit depuis l’éternité dans ce chaudron de sorcière tout remué d’énormes bouillonnements.
Dans un pli de rocher, la mer a laissé quelques sillons d’écume, neigeux et légers comme des plumes . . .
Plus au nord, c’est l’océan qui a eu le dernier mot. Il a rongé la falaise jusqu’à l’os et triomphe dans le gouffre sans fond de la Grotte de l’Apothicairerie.
Belle-Ile est aussi comme une citadelle assiégée de toutes parts par les flots.
A parcourir la lande, couverte de bruyère et d’ajoncs, toute traversée de vallons qui glissent vers la mer, on la croirait vouée à la famine. C’est cependant en ces lieux que les Bellilois plantèrent la pomme de terre.
Il ne reste plus que deux des Soixante menhirs qui peuplaient Belle-Ile jadis. Non que les autres aient été emportés comme souvenirs, quoique leur disparition reste assez mystérieuse. Mais l’histoire des deux menhirs survivants est une belle et tragique histoire, celle de Jean et Jeanne de Prunelle.
Encore une histoire de fées.
Il était une fois une jeune fille belle comme le jour. Jean, le barde, l’aimait et voulait l’épouser. Mais un barde n’épouse que fille de haut lignage. Et Jeanne n’avait d’autre fortune que sa beauté. Les druides en colère firent appel aux sorcières qui changèrent en pierre les deux amants.
Une fée bienveillante qui ne put s’opposer au sortilège, obtint cependant que, certaine nuit, où la lune est pleine, Jean et Jeanne Prunelle puissent aller l’un vers l’autre. Ne cherchez pas à surprendre leurs amours. Vous seriez impitoyablement écrasés.

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