Tarascon

TarasconTarascon est une bien jolie ville, avec ses rues tortueuses du Moyen-âge, les arcades trapues et ombreuses de sa rue des Halles, sa maison de ville, à la façade ornée comme une miniature, son hôpital dont le concierge vous montre une impressionnante collection de pots de pharmacie en faïence de Moustier ainsi que des drôles de protège matelas colorés, et surtout dressé au bord du Rhône, le château du bon roi René, le plus beau qui soit, dit-on, en France – et on exagère à peine cette fois.
Du haut de ses tours, restées intactes, le roi René, grand admirateur de jeux de cartes et de dés, aimait découvrir la crête du mont Ventoux, souvent neigeuse dès l’automne, et la muraille bleue des Alpilles que le Rhône vient lécher.
C’est en ces lieux que gîtait un monstre appelé la Tarasque ! Tartarin n’étant point encore né, on peut faire confiance aux historiens de l’époque. C’était vers « les années 40 » – il y a de cela quelques dix-neuf siècles ! Des pécheurs et des bateliers vivaient là, disséminés sur les îles sablonneuses, que grignotait le Rhône, parmi les marécages. Hélas! Raconte la chronique: Un animal monstrueux dévorant bêtes et gens, vint jeter la consternation dans le territoire ». « C’était, rapporte Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée », écrite vers 1255, un dragon ni animal, ni poisson, plus gros qu’un bœuf, plus long qu’un cheval, avec des dents aiguës comme des cornes et deux grandes ailes aux deux côtés du corps. Et ce monstre tuait tous les passagers et submergeait les bateaux. On dit même qu’il dévora tous vifs huit braves qui avaient juré sa perte.
Or Sainte Marthe, dit encore la légende, alla vers le dragon. L’ayant trouvé dans la forêt, occupé à dévorer un homme, elle lui jeta de l’eau bénite et lui montra une croix. Le monstre fut vaincu. La sainte femme lui passa sa ceinture autour du cou et le tira jusqu’au village où le bon peuple le mit si bellement en pièces qu’il n’en resta que des lambeaux que les chiens dévorèrent.
Pourtant, les mauvaises langues vous diront que le dragon n’était qu’un crocodile amené dans les cales d’un navire qui a fait naufrage. Se trouvant à son aise en ces marécages giboyeux en hommes, il s’y installa et gloutonnement déjeuna.
Marthe, venue d’Egypte ou de Judée, savait l’art de le vaincre. Avec un beau courage elle lui planta entre les mâchoires sa lourde croix de laiton sur laquelle le monstre s’empala.

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