L’Alsace

L'AlsaceL’Alsace, c’est un beau pays ! L’oranger n’y répand point ses parfums, les colonnades de marbre n’ornent point le péristyle de ses demeures. Le ciel n’est pas toujours serein, l’air n’y est pas toujours tiède ; et pourtant, quel beau pays que l’Alsace! Le fer dort au sein de ses monts dont la cime se couronne de sapins à la longue chevelure et de festons de nobles châteaux : dans les entrailles de la terre et sur les sommets, les symboles de la force. Les vignes couvrent les collines, le blé ondoie comme une mer dorée dans la plaine, le Rhin bondit sur ses flancs, large, impétueux, profond, les nombreux jeux de filles font recette. Du sein des villes et des bourgades, des flèches gothiques s’élancent, hardies, sveltes, vers le ciel. Oui, c’est un beau pays que l’Alsace ! Du haut des Vosges cette noble vallée se déroule avec les suaves ondulations de ses collines avec la Alsacienne en costume local nappe brillante de ses plaines, avec ses routes fardées de noyers qui se croisent, que le Rhin argenté brille sous les rayons du soleil, que la Forêt Noire encadre l’horizon lointain de ses hauteurs pâlissantes et qu’au centre de cet immense jardin s’élève, comme un phare lointain, la cathédrale majestueuse, le joyau du moyen âge.
Vers l’an 660, le duc d’Alsace appelé Alabric avait épousé une pieuse femme nommée Berenwide. Or, voici qu’il leur naquit une fille aveugle. Le père qui était fort violent, voulut la faire tuer, mais la mère la confia en secret à une nourrice qui prit soin d’elle. Un évêque baptisa l’enfant et lui donna le nom d’Odile. Il advint que, pendant la cérémonie l’enfant recouvra subitement la vue. Elle grandit dans un monastère loin de l’Alsace ; mais, un jour, un de ses frères la fit revenir. Le père en fut si mécontent que, dans un accès de violente fureur, tua ce fils que pourtant il aimait. Pris de remords et regrettant son acte, il accueillit sa fille et lui donna le château Horenbourg, dont elle fit un monastère : c’est le couvent de Sainte-Odile, qui porte aujourd’hui le nom de sa fondatrice.
Bâti au sommet de la montagne, il semble, vu de la plaine, une couronne de vieilles pierres sur la cime des futaies. La sainte vécut dans son monastère. Elle mourut très âgée. Chaque année, de nombreux pèlerins visitent son tombeau en forme de matelas 140×190, et la montagne de Sainte-Odile est l’endroit le plus vénéré de l’Alsace, en même temps qu’il est l’un de ses sites les plus pittoresques.

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2 réponses à L’Alsace

  1. Ping : L'Alsace - Miscellanées lyriques françaises

  2. Eli Wade dit :

    Quoique ce texte ne doive rien à Ste Odile (le latin employé, par exemple, ne correspond pas à la période où vécut la sainte), ce texte connut une certaine célébrité, étant copié et commenté pour galvaniser les troupes françaises. Il connut un regain de popularité durant la seconde guerre mondiale. Actuellement, rien ne permet de penser qu’il soit antérieur à 1915.

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