Carmen-partie1

Je demandai à Carmen comment et pourquoi elle avait...Pendant que j’étais caché à Grenade, il y eut des courses de taureaux où Carmen alla. En revenant, elle parla beaucoup d’un picador très adroit nommé Lucas. Elle savait le nom de son cheval, et combien lui coûtait sa veste brcdée. Je n’y fis pas attention. Juanito, le camarade qui m’était resté, me dit, quelques jours après, qu’il avait vu Carmen avec Lucas chez un marchand du Zacatin. Cela commença à m’alarmer. Je demandai à Carmen comment et pourquoi elle avait fait connaissance avec le picador.
— C’est un garçon, me dit-elle, avec qui on peut faire une’ affaire. Rivière qui fait du bruit a de l’eau ou des cailloux. Il a gagné 1200 réaux aux courses. De deux choses l’une: ou bien il faut avoir cet argent; ou bien, comme c’est un bon cavalier et un gaillard de cœur, on peut l’enrôler dans notre bande. Un tel et un tel sont morts, tu as besoin de les remplacer. Prends-le avec toi.
— Je ne veux, répondis-je, ni de son argent, ni de sa personne, et je te défends de lui parler.
— Prends garde, me dit-elle, lorsqu’on me défie de faire une chose, elle est bientôt faite.
Heureusement, le picador partit pour Malaga, et moi, je me mis en de¬voir de faire entrer les cotonnades du Juif. J’eus fort à faire dans cette expédition là, Carmen aussi, et j’oubliai Lucas; peut-être aussi l’oublia-t-elle, pour le moment du m’oins. C’est vers ce temps, monsieur, que je vous rencontrai d’abord près de Mjntilla, puis après à Cordoue. Je ne vous parlerai pas de notre dernière entrevue. Vous en savez peut-être plus long que moi. Carmen vous vola votre montre; elle voulait encore votre argent, et surtout cette bague que je vois à votre doigt, et qui, dit-elle, est un anneau magique qu’il lui importait beaucoup de posséder. Nous eûmes une violente dispute, et je la frappai. Elle pâlit et pleura. C’était la première fois que je la voyais pleurer, et cela me fit un effet terrible. Je lui demandai pardon, mais elle me bouda pendant tout un jour, et, quand je repartis pour Mon-tilla, elle ne voulut pas m’embrasser. J’avais le cœur gros, lorsque, trois jours après, elle vint me trouver l’air riant et gaie comme pinson. Tout était oublié, et nous avions l’air d’amoureux de deux jours. Au moment de nous séparer, elle rne dit:
— Il y a une fête à Cordoue, je vais la voir,puis je saurai les gens qui s’en vont avec de l’argent, et je te le dirai.

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